Dépistage de la Surdité chez les enfants

La surdité n’est pas exceptionnelle. En France, un à trois bébés sur mille naissent sourds (rapport du conseil scientifique de la Cnamts, 2002). Il n’existe pas une, mais des surdités qui sont différentes en fonction de la partie de l’organe auditif lésé, de la cause, de la date d’apparition et de l’importance auditive de la perte.

La surdité a toujours des conséquences sur la qualité du langage oral. Les difficultés sont d’autant plus importantes que la surdité est profonde et précoce.

A quel moment s’inquiéter ?

Si votre enfant présente un retard de langage, s’il ne répond pas lorsque vous l’interpelez, qu’il met la télévision trop forte ou des problèmes de communications. Ce sont autant de signes qui doivent vous interpelez et vous inciter à vous rendre chez un spécialiste de l’audition pédiatrique.

Mais où commence la déficience auditive ?

Lorsque le sujet a une audition normale, il perçoit tous les sons proposés à partir de 0 dB. S’il est atteint de surdité, le seuil d’audition se situe entre 20 et 130 dB. Plus la surdité est importante, plus le seuil d’audition est élevé.

L’audition de votre enfant peut se modifier. Une surveillance régulière est donc nécessaire pour savoir si l’audiogramme se dégrade ou reste stable. Les surdités de l’enfant sont classées en fonction des seuils auditifs, on calcule les moyennes des seuils pour les fréquences 500 Hz, 1000 Hz, 2000 Hz et 4000 Hz. On les catégorise en 4 parties.

Vous vous demandez comment la surdité de votre enfant a pu être identifiée ?

Il existe 2 catégories de tests pour diagnostiquer une surdité : les tests d’audiométrie subjective, qui demandent la participation active de la personne testée, et les tests d’audiométrie objective qui mesurent directement les réponses de l’organisme à des stimuli sonores.

Les tests d’audiométrie subjective 

L’audiométrie tonale

Détermine les seuils de perception des fréquences intéressantes pour la perception de la parole (250 Hz à 8000 Hz). Les sons peuvent être transmis à travers un casque qui permet de tester les 2 oreilles séparément ou par un haut parleur qui teste la meilleure oreille. Le test se déroule différemment en fonction de l’âge de l’enfant

  • De 0 à 9 mois : Réflexe d’Orientation Investigation.
    On analyse les réactions réflexes de l’enfant à des sons musicaux, d’animaux ou des sons purs.

  • De 9 mois à 2 ans : Réflexe d’Orientation Investigation.
    L’enfant tourne la tête lorsqu’il entend un son et on le récompense en lui montrant un jouet.

  • A partir de 4 ans : Jeux de conditionnement
    Le grand enfant signale quand il entend le son en faisant une action (empiler des cubes,…)
    L’audiogramme permet de savoir ce que l’enfant peut entendre (intensité, composition fréquentielle des bruits et de la parole), mais cela ne veut pas dire qu’il a reconnu ou compris le mot prononcé.

L’audiométrie vocale :

Elle teste la perception de la parole par l’enfant, à différents niveaux d’intensité. Le testeur demande à l’enfant de reconnaître des objets ou des images parmi une série. L’enfant peut aussi répéter le mot ou faire le signe correspondant au mot prononcé.

L’audiométrie objective 

Les tests ne nécessitent pas la participation du sujet testé, ce qui est particulièrment intéressant chez les sujets très jeunes, les enfants avec un retard de développement ou un polyhandicap.

Chaque test apporte des renseignemnts différents mais complémentaires.

L’impédancemétrie

Elle étudie la résistance du tympan et de la chaîne des osselets. Elle permet en quelque sorte de savoir si l’oreille moyenne fonctionne normalement ou non.

Les oto-émissions acoustiques provoquées (OEAP)

Ce sont des vibrations émises par la cochlée lors d’une stimulation acoustique. On peut les receuillir grâce à une petite sonde que l’on place dans le conduit auditif externe. Leur présence témogne du bon fonctionnement de l’oreille interne et donc d’une audition quasi normale.

Leur abscence révèle une altération de l’oreille de plus de 30 dB. Il ne permet pas d’évaluer le type d’atteinte, le degré de la perte auditive ni de tester chaque fréquence. Il s’agit d’un examen non invasif, non douloureux et très rapide lorsque l’enfant est calme. C’est un bon outil de dépistage pouvant être utilisé dès les premiers jours de vie. Si les oto-émissions sont abscentes, il est toujours indispensable de compléter avec d’autres examens avant de conclure.

Les potentiels Evoqués Auditifs : PEA

Ils enregistrent les réponses de la cochlée et des centres nerveux grâce à des électrodes collées sur le front et deriière les oreilles. L’étude des PEA permet de déterminer le seuil d’audition de chaque oreille sur les seules fréquences aigües et la localisation de la lésion responsable de la surdité.
Les réponses dépendent de la maturité des voies auditives, qui peut être incomplète chez le jeune enfant ou en cas d’atteinte neurologique. Les PEA sont indispensables pour affirmer une surdité, mais le diagnostic ne sera précis q’après un bilan complet incluant les autres tests subjectifs.

Si l’on dépiste une surdité qu’elles sont les solutions à envisager ?

Si votre enfant présente une perte d’audition, plusieurs possibilités existent, vous devez en discuter avec votre ORL. On peut l’orienter vers une solution chirurgicale (pose de drains,…) ou mise en place d’appareils de correction auditives (appareils auditifs, implants cochléaires, sustèmes HF,…).